l’Après Donald TRUMP et la Misère des Démocrates, par Dr J. Gérard Kennedy Alcius

l’APRÈS DONALD TRUMP ET LA MISÈRE DES DÉMOCRATES

ce condensé séminal et ce noyau sacré qui déborde de toutes parts ces formes singulières incarnées que sont le Parti républicain et le Parti démocrate – par Dr J. Gérard Kennedy Alcius 

Si l’on peut d’ores et déjà prédire l’élection de Joe Biden et de l’équipe démocrate à la présidence des États-Unis d’Amérique, rien ne laisse présager, même en demeurant très «réaliste», que les problèmes les plus urgents et les plus insistants que risque de rencontrer l’Amérique dans les décennies qui viennent puissent trouver une résolution un tant soit peu satisfaisante sous le règne des démocrates : peut-être pourrait-on même faire  l’hypothèse que la famille politique républicaine, dans son ensemble, serait en meilleure posture pour relever certains des défis majeurs que devra sous peu affronter la société américaine. Pour mieux répondre à de telles hypothèses, il faudrait savoir dans quel état global se trouve actuellement la société américaine ; il faudrait savoir quels pourraient être ces fameux défis majeurs auxquels sera confrontée la société américaine ; il faudrait enfin connaître les traits caractéristiques ou si l’on veut «l’essence» de la machine démocrate ainsi que la nature intime de la machine républicaine.

Les spécialistes de la science politique ont souvent fait mention de cette tendance et de ce penchant américain pour un certain «isolationnisme» : la société et la culture américaine seraient davantage repliées sur elles-mêmes et peu enclines à s’intéresser au sort des autres nations. Il y a sans aucun doute du vrai dans cette assertion même s’il faut demeurer prudent et ne pas accorder une portée trop radicale à ce genre d’affirmation. Malgré quelques épisodes terrifiants comme la crise des missiles à Cuba et l’exigence universelle d’avoir à affronter le règne de la nécessité (économie prospère), on peut sûrement affirmer, pour faire bref, que l’Amérique a représenté au 20’ siècle une société «passablement» heureuse tout en servant de modèle quasi universel à toutes les autres sociétés existantes. Mais comme toute société, les États-Unis d’aujourd’hui sont également les héritiers d’une histoire parsemée de violence, de misère, de discrimination et d’iniquités – à l’intérieur comme à l’extérieur : comme toute société, les États-Unis ne peuvent effacer les zones d’ombre qui hantent son histoire.

Mais la donne fondamentale, dans la marche de toutes les sociétés humaines, a totalement changé depuis – si l’on s’en tient, disons au 21’ siècle comme point de repère. Au 20’ siècle, une société comme la société américaine pouvait encore évoluer en relative autarcie, alors qu’au 21’ siècle, l’approfondissement intégral de la mondialisation/globalisation induit une situation radicalement nouvelle : les problèmes et les défis les plus déterminants tirent leur origine et prennent source dans cette même mondialisation et c’est à ce niveau seul que les pays engagés peuvent trouver des solutions novatrices et performatives. Certains affirmeront qu’avec la guerre froide et l’endiguement du communisme  la paix, la prospérité et la sécurité intérieure des Américains reposaient déjà sur des facteurs extérieurs de prégnance très dense : nous adhérerons volontiers à ce genre d’argumentaire, si l’on comprend bien, alors, que ce processus (influence des facteurs extérieurs sur l’intérieur) s’est accéléré et approfondi de manière vertigineuse dans les dernières décennies et qu’il va s’accélérer et s’approfondir de manière encore plus exponentielle dans les décennies à venir. 

Ce détour n’était pas inutile dans la mesure où il nous permet de mieux mesurer l’importance des facteurs extérieurs et de la conjoncture mondiale sur l’évolution intérieure et la marche endogènes des sociétés comme la société américaine : c’est tout l’occident qui se voit projeté de manière brutale dans une mondialisation de plus en plus folle, démesurée, intense et incontrôlable. Et cette mondialisation ne touche plus seulement à des dimensions comme la sécurité globale ou la stabilité dans le monde – via la terreur atomique, les ventes d’armes et les transferts de technologie militaire, les jeux d’influence idéologique, les tentatives de renversement de gouvernement, etc. : la mondialisation actuelle touche à la constitution de l’individualité contemporaine, à la construction des schèmes déterminants de perception et de conception du monde, à la genèse des valeurs et des modes de vie, à la fixation des normes et des modèles les plus prégnants et les plus déterminants sur la conscience des citoyens, aux équilibres intérieurs les plus sensibles, au métabolisme des groupements humains, aux modes d’organisation des sociétés les plus «subtiles», aux nouveaux paradigmes d’édification des collectifs, aux formes et aux pratiques considérées et valorisées, aux standards les plus reconnus à l’échelle globale …

Or jusqu’au seuil du 21’ siècle, pour se donner un point de repère commode, les États-Unis n’avaient jamais cessé, depuis la fin de la deuxième Grande Guerre, de jouir sur toutes les autres nations d’une supériorité incontestable dans la plupart des domaines sources autour desquels s’organise la puissance des nations : supériorité militaire, supériorité technologique dans les grands domaines d’activité industrielle (industrie énergétique, industrie pétrochimique, industrie pharmaceutique, aérospatiale, électronique, systèmes de communications, etc.) ; de plus les États-Unis n’avaient jamais cessé d’occuper des positions dominantes dans toutes les organisations internationales majeures – le Conseil de Sécurité, l’Organisation mondiale du commerce, les institutions financières internationales, etc. ; de plus les États-Unis n’avaient jamais cessé de jouer un rôle déterminant dans tous les grands débats et les grands conflits ayant bouleversé la face du monde ; enfin les États-Unis n’avaient jamais d’exercer une influence et même une fascination significatives sur toutes les cultures du monde entier. Tout ceci conférait aux États-Unis une position confortable unique ainsi qu’une position de force dans tout ce qui touchait aux affaires du monde ; tout ceci permettait également à la société américaine de se sentir bien avec elle-même (admirée et enviée par toutes les autres) et de ne pas vraiment se remettre en question ; tout ceci entretenait enfin un sentiment d’invincibilité et d’insouciance chez un peuple ni inférieur ni supérieur au fond à tous les autres.

Mais voilà que la donne a radicalement changé la globalisation et la diffusion généralisée des moyens de communication, a densification intégrale et déterminante du vecteur technologique lui-même et les conséquences que cela induit dans toutes les sociétés (intelligence artificielle, révolution numérique, etc.), l’intensification des rivalités commerciales à l’échelle mondiale, la difficulté pour maintenir à l’intérieur des sociétés elles-mêmes des équilibres collectifs à tous les niveaux (éthiques, organisationnels, comportementaux, normatifs, etc.), la compétition globale pour l’imposition des nouvelles normes, des nouveaux standards, des nouveaux modèles, l’intensification sans précédent de la course aux armements et toutes les conséquences associées, la densification tous azimuts de la production matérielle et d’une genèse économique de la construction des sociétés, la reformulation catégorique de l’ordre politique et stratégique international … tous facteurs remodelant en profondeur la dynamique des sociétés et les problèmes/défis majeurs auxquels toutes les sociétés engagées dans l’aventure doivent maintenant faire face. On pourrait ainsi décliner les défis inédits, mais impératifs qui attendent les États-Unis au cours des prochaines décennies :

Défis en extériorité

– Contenir l’incroyable montée en puissance de la Chine sur la scène internationale, et ce, à tous les niveaux

– Participer à maintenir un niveau acceptable de paix relative et de sécurité dans le monde (course aux armements, conflits régionaux interminables, résurgence de puissances militaires intermédiaires comme l’Iran ou la Turquie, etc.)

Assurer le maintien, à l’échelle planétaire, de systèmes performants de régulation sur tous les plans stratégiques (le jeu des monnaies et les mécanismes de reconnaissance de la valeur des monnaies, les normes sanitaires et les crises épidémiologiques, les flux d’échange de biens et de services dans le monde, etc.)

– Trouver des résolutions rationnelles relativement au problème de la qualité/sauvegarde de l’environnement et des changements climatiques

– Assurer à l’échelle globale une régulation satisfaisante quant aux transferts de technologies avancées, quant à la production de technologies dangereuses et destructrices, quant aux multiples problèmes posés par l’utilisation partout dans le monde de technologies régressives (pollution et destruction de l’environnement, respect des droits et libertés, sécurité informatique, mutations dans les modes de vie, etc.)

Défis en intériorité

– Renforcer la maîtrise politique et la prédation du politique par le militaire et le complexe militaro-industriel

– Parachever la résolution des vieux problèmes inhérents à la société et à la culture américaine (les armes à feu, le racisme, etc.)

– Maintenir un taux d’activité économique (intérieur) élevé face à une concurrence déloyale, face à une concurrence ultra productive, face à des appareils de production nationaux hyper performants, face à des capacités de production délocalisée et déterritorialisée, face à des conditions sociales de production totalement inégales …

Or nous avons, dans un article précédent, cherché à mieux définir l’Être du Diplomatique américain – en faisant venir jusqu’à notre entendement la consistance ontologique de l’Être Américain. Ce Grand Être Générique Américain représente en effet une nébuleuse qui irrigue et infiltre aussi bien la constellation républicaine que la constellation démocrate ; le Parti républicain et le Parti démocrate sont entièrement traversés par l’éther hiératique et la source métaphysique de l’Être Américain – ce condensé séminal et ce noyau sacré qui déborde de toutes parts ces formes singulières incarnées que sont le Parti républicain et le Parti démocrate. La démocratie est justement fondée sur l’idée d’une intégration au cœur de l’État Central Souverain d’une gamme différentielle de partis politiques représentant chacun les composantes lourdes de l’ordre social et de la formation sociétale désignée.

Toutefois et dans la mesure où ils se présentent comme la réalisation politique et la synthèse séculière d’une facette spécifique de l’Être Global Américain, chacun des deux grands partis et des deux grandes familles politiques réalisent concrètement, dans les politiques dont ils font la promotion et qu’ils mettent de l’avant quand ils gouvernent … les programmes politiques, sociaux et économiques qui correspondent aux traits, aux caractères et aux attributs qui les définissent en propre : le parti démocrate se préoccupe avec plus d’insistance de justice sociale que le parti républicain, car la «justice sociale» représente davantage un des attributs/caractères du parti démocrate que du parti républicain ; le parti républicain se préoccupe avec plus d’insistance de la défense du deuxième amendement de la constitution (le droit de posséder une arme à feu) alors que le parti démocrate serait plus enclin à limiter la portée de cet amendement, etc.

Si nous entretenons cette discussion, c’est que nous sommes en droit de nous demander si les traits, les valeurs, les attributs et les propriétés qui caractérisent en propre la pensée républicaine ne porteraient pas, en soi, un potentiel performatif plus marqué que celui de la pensée démocrate relativement à la résolution de certains des  problèmes que devront affronter les États-Unis dans un futur rapproché – les qualités nécessaires à la résolution de ces problèmes et défis résidant davantage dans l’essence de l’éthos républicain que dans l’essence de l’éthos démocrate. La question qui nous vient alors naturellement à l’esprit est la suivante : quels sont les traits de caractère ou encore les propriétés/attributs d’être qui seront nécessaires à la résolution des défis majeurs qui bouleverseront l’Amérique dans la prochaine décennie et quel serait le parti politique le plus à même de faire face positivement à ces mêmes défis ?

Si l’on fait l’analyse des multiples défis qui attendent l’Amérique au cours de la prochaine décennie – et en suivant l’évolution probable du contexte international -on s’aperçoit rapidement que la résolution virtuelle de beaucoup de problèmes qui seront rencontrés va exiger une gouverne politique très ferme et très affirmative, capable d’assurer les médiations nécessaires partout sur la planète, prête à jouer de toutes les formes d’influence afin d’assurer la conclusion des dossiers chauds, susceptibles de s’appuyer sur toute la gamme des rapports de force afin d’amener les différents acteurs à s’engager dans la voie de la négociation et de la conciliation, décidée à défendre de manière pragmatique, mais déterminée les principes qui organisent le monde dans lequel nous vivons… que la résolution virtuelle des problèmes qui seront rencontrés va exiger une action diplomatique très robuste, très pénétrante, très vigilante et très éclairée, une orientation diplomatique qui devra nécessairement user d’autorité et se servir de toute la puissance des États-Unis pour asseoir et fonder les vecteurs de pouvoir et d’autorité dont ne pourra pas se passer la communauté internationale si elle veut espérer parvenir à régler de manière un tant soit peu satisfaisante les dossiers chauds qui menacent sa stabilité … que la résolution virtuelle des problèmes qui seront rencontrés va exiger un leadership très audacieux et créatif, un leadership appuyé et dont la puissance d’affirmation et de suggestion saura infléchir positivement les actions des différents acteurs internationaux, un leadership capable d’imposer à tous les acteurs une participation constructive dans la recherche des solutions inédites induites par les nouvelles problématiques rencontrées.

Il faut bien comprendre, ici, que Donald Trump et sa garde rapprochée ne représentent pas vraiment l’option républicaine dans sa totalité : Donald Trump n’a jamais été qu’un «joker», un «outsider» qui parce qu’il incarne en partie quelques-uns des attributs du catéchisme républicain (la volonté individuelle d’enrichissement, le self man made, la liberté d’entreprise, etc.), a pu parasiter momentanément l’appareil de ce parti et se réclamer de son héritage. Illustrons quelque peu notre propos à l’aide d’exemples pertinents :

La montée en puissance de la Chine et les conséquences majeures de cette montée en puissance

La montée en puissance de la Chine n’est pas un phénomène anodin que le monde occidental peut traiter à la légère. Cette montée en puissance sur tous les plans bouleverse radicalement tous les paramètres antérieurs définissant la structure d’ordre existante au niveau international : La Chine est déterminée à devenir la première puissance mondiale à tous les niveaux et à imposer au monde entier une nouvelle structure d’ordre à l’échelle planétaire. Maintenant qu’elle est devenue la première puissance industrielle du monde, la Chine se sert de sa puissance économique incoercible afin d’accroître son pouvoir militaire, politique et diplomatique. Parallèlement la Chine étend sa puissance de manière hégémonique sur l’ensemble des instrumentations, appareillages, modèles et standards qui gouvernent les échanges et les relations entre nations, et ce, sur tous les plans de l’activité humaine. Les masses de capitaux que la Chine détient, l’épaisseur de son marché, sa croissance vertigineuse, sa compétitivité et même sa supériorité technologique et industrielle dans un nombre de plus en plus impressionnant de domaines, sa position stratégique au niveau commercial sur tous les marchés … tous facteurs qui confèrent à la Chine une puissance extraordinaire qu’aucun pays ne peut contester sauf les États-Unis.

Le seul pays capable de forcer la Chine à «jouer selon les règles» («play by the rules», comme l’affirme Joe Biden) et non pas à imposer ses propres règles, ce sont les États-Unis. Or, on peut sérieusement se demander si une future administration démocrate saura afficher l’autorité, la détermination et le leadership nécessaire pour infléchir significativement les initiatives et les actions de plus décisives et agressives de la Chine partout dans le monde : rien n’est moins certain! Les valeurs et les principes d’équité, d’échange réciproque, de concurrence libre et loyale, de coopération constructive, de développement égalitaire et respectueux – s’avèrent des principes que la Chine a bafoués allègrement depuis 30 ans afin de ramener à son avantage tous les processus internationaux dans lesquels elle s’est engagée : usant même de vol, d’espionnage, d’intimidation, de falsification et de contrefaçon lorsque cela était nécessaire à la satisfaction de ses intérêts égotistes ou de ses appétits gargantuesques. Il est fort à craindre que les qualités et attributs capables de contraindre la Chine à «jouer selon les règles» ne soient pas, pour l’essentiel, les qualités et attributs dont fait habituellement montre le Parti démocrate et les leaders démocrates.

D’une manière différente et dans un contexte différent, mais dans le même esprit qui fut celui de la guerre froide, les États-Unis ou bien devront faire preuve face à la Chine d’une puissance extraordinaire à porter aux quatre coins de la planète les valeurs universelles dont se réclame l’Amérique, d’une expression sans défaillance des diverses formes d’autorité et de pouvoir nécessaires, d’une détermination sans faille à infléchir et à contenir lorsque nécessaire les actions de la Chine, d’une capacité d’influence et de persuasion sans limites afin de mobiliser dans le sens désiré tous les acteurs internationaux déterminants … ou bien devront se résigner à vivre, comme le reste de l’humanité, non plus sous le règne de la «pax americana», mais davantage sous le règne de la «pax chinese» : d’ores et déjà, aucune force ne semble pouvoir contraindre réellement la Chine à restreindre ses ambitions de puissance. Le bouffon Trump avait tout de même réussi à tenir quelque peu en respect le Tigre Chinois …

La production, la diffusion, l’utilisation légitime et l’intégration légale des technologies de pointe les plus dangereuses

Plus que jamais, l’humanité se retrouve en face de révolutions technologiques capables de bouleverser radicalement tous les équilibres et tous les acquis de longue date façonnés par les collectifs humains sur notre planète : que ce soit en termes de droits de l’homme, en termes de protection de la vie privée, en termes de sauvegarde de notre intégrité biologique, identitaire et psycho-affective, etc. On réfère évidemment, ici, aux technologies de pointe les plus déterminantes, les plus dangereuses et les plus significatives relativement aux mutations géniques et transgéniques, aux manipulations génétiques, aux organismes génétiquement modifiés, à l’intelligence artificielle, aux prothèses intelligentes, aux implants artificiels, etc.

Seule une gouverne politique robuste et implacable, dans le contexte actuel, pourra empêcher tous les dérapages et toutes les dérives qui sont pourtant d’ores et déjà en train de se produire sous nos yeux. Et si l’éthos démocrate semble à première vue représenter une pensée plus encline à respecter les principes éthiques qui entrent en jeu dans le développement et l’usage des technologies les plus agressives, il n’est pas certain que la gouverne politique démocrate possède l’autorité et le caractère habileté à forcer tous les acteurs potentiels à s’engager dans la voie d’une régulation impérative de ces technologies révolutionnaires. Encore une fois on ne peut que douter de la capacité de la gouverne politique démocrate à persuader tous les acteurs majeurs aptes à produire de telles technologies (nations puissantes, compagnies multinationales, etc.) à contenir en fonction de principes éthiques et de normes démocratiques leur puissance génératrice en ces domaines : là encore il faudra faire preuve d’un leadership extraordinaire, d’une inflexibilité dans les principes et d’une intransigeance hyperbolique si l’on espère maintenir dans des standards humanistes acceptables le développement des technologies dangereuses. L’esprit bon enfant de participation constructive, de réconciliation fraternelle et de négociation égalitaire qu’affichent actuellement les leaders démocrates n’annonce malheureusement rien de bon relativement aux dossiers dont nous discutons présentement.

Il en est de même de la production, de l’implantation et de l’intégration (sociale) des technologies de pointe comme l’intelligence artificielle, les robots travailleurs, les dromes de nouvelle génération ou encore les technologies informatiques et numériques high-tech … Des technologies qui se déploient déjà de manière quasi anarchique à l’échelle globale et que personne ne semble pouvoir règlementer de manière satisfaisante. Les flux incessants de contenus que diffusent dans nos espaces sociomédiatiques ces technologies futuristes, les transformations culturelles stupéfiantes qu’induisent sur nos populations ces vecteurs techniques ou encore les effets socioéconomiques décisifs que génèrent dans nos sociétés ces créatures artificielles plus ou moins monstrueuses ne représentent pourtant que la pointe de l’iceberg relativement aux révolutions sociales, politiques, économiques et culturelles qui s’annoncent dans un horizon rapproché : là encore il faudra des gouvernes politiques incoercibles et des initiatives diplomatiques inflexibles si l’on veut espérer des régulations collectives réellement orientées vers le bien commun et le respect de la démocratie/citoyenne. Parions que les valeurs humanistes très nobles, l’approche pragmatique très affirmée, l’adhésion sincère aux principes du droit international ainsi que l’affirmation d’une rationalité très rigoureuse dans l’approche des phénomènes et problèmes internationaux … ne soient pas des qualités et des propriétés assez tranchantes pour que les très lourdes problématiques auxquelles sera confrontée la gouverne politique américaine puisse se résoudre de manière conséquente et appropriée.

On pourrait songer également, pour qui veut mettre en valeur les atouts républicains, à la lutte contre les formes nouvelles et inédites de violence exogène : pensons au terrorisme par exemple.

Nous ne saurions épuiser ici la liste des domaines de réalité où la sensibilité républicaine pourrait s’avérer plus efficiente que la sensibilité démocrate – nous ne saurions davantage épuiser la liste des domaines de réalité où la pensée démocrate serait plus performante que la pensée républicaine. De plus, nous sommes parfaitement conscients que le découpage analytique que nous utilisons ici représente une approche quelque peu schématique et réductrice – mais jusqu’à un certain point seulement. Ceci n’invalide pas du tout l’exercice dans la mesure où les deux sensibilités auxquelles nous référons ici existent bel et bien – deux éthos bien campés et qui caractérisent justement les deux grands partis politiques se partageant la scène politique américaine. Ces deux «traditions» se retrouvent partout dans les phénomènes politiques américains … dans le choix des présidents, dans le choix des politiques internes et externes, dans l’esprit de la gouverne politique, dans le choix des formes diplomatiques, dans le choix des politiques économiques, dans le choix des formes de régulation à tous les niveaux, etc.

On pourrait poursuivre notre démonstration quant aux meilleures chances de réussite des républicains dans la résolution ferme de dossiers qui sont en fait de véritables brèches «ontiques» dans l’évolution de la civilisation occidentale – c’est-à-dire le fait de technologies capables de modifier jusque dans son principe même «l’être» de notre civilisation. Non pas que les démocrates soient totalement inaptes à créer des solutions novatrices dans tous les domaines auxquels nous référons ici, mais simplement que les attributs qui définissent en propre l’éthos démocratique risquent fort de n’être pas aussi performants que ceux qui définissent l’esprit républicain relativement aux dossiers ci-indiqués. Notre intention n’est pas du tout d’abaisser ou de dévaloriser la pensée démocrate américaine, mais simplement d’analyser objectivement les chances de réussite de cet esprit lorsque question de résoudre certains dossiers spécifiques.

Tout comme nous croyons fermement que les leaders républicains, animés par l’esprit républicain, sauront mieux faire face à certains défis que les leaders démocrates, nous ne doutons nullement de la capacité des gouvernants démocrates à mettre en œuvre des solutions très performatives, lorsque confrontés à d’autres problématiques – des problèmes tout aussi importants, mais de nature différente : on pourrait penser, à l’intérieur, à l’urgence d’une réconciliation nationale, à l’impératif d’un abaissement des tensions raciales, à la promotion d’un développement plus durable ou encore à la pleine pertinence d’une mise sur pied d’une meilleure couverture sociale pour les Américains (lutte contre les inégalités sociales) ; on pourrait penser, à l’extérieur, à une consolidation des alliances traditionnelles stratégiques (OTAN par exemple), à une action déterminée et concertée dans la lutte contre les changements climatiques, à une rupture doctrinale dans les modalités d’aide aux pays les plus démunis, à une gestion plus sage des énergies fossiles et à une promotion internationale plus soutenue et rigoureuse relativement à la production et à l’utilisation des sources d’énergie renouvelables...

Le seul pays capable de forcer la Chine à «jouer selon les règles» («play by the rules», comme l’affirme Joe Biden)

La mondialisation actuelle touche à la constitution de l’individualité contemporaine,

Les États-Unis n’avaient jamais cessé, depuis la fin de la deuxième Grande Guerre, de jouir sur toutes les autres nations d’une supériorité incontestable dans la plupart des domaines sources autour desquels s’organise la puissance des nations.

La donne a radicalement changé – la globalisation et la diffusion généralisée des moyens de communication.

Contenir l’incroyable montée en puissance de la Chine sur la scène internationale, et ce, à tous les niveaux.

Le Parti républicain, le Parti démocrate sont entièrement traversés par l’éther hiératique et la source métaphysique de l’Être Américain.

Il faut bien comprendre, ici, que Donald Trump et sa garde rapprochée ne représentent pas vraiment l’option républicaine dans sa totalité : Donald Trump n’a jamais été qu’un «joker», un «outsider».


Ce texte critique est publié en collaboration avec International DIplomat Canada, par Dr J. Gérard Kennedy Alcius, Recteur des Éditions de l’Observatoire du dies.